Lille, berceau du premier métro automatique

Lille, berceau du premier métro automatique
mercredi 23 février 2022
Le métro automatique, aussi appelé VAL, a été mis en circulation pour la première fois à Lille. Véritable prouesse technique qui a apporté un aménagement majeur pour le développement de l’agglomération lilloise, le premier métro automatique est entré dans l’histoire de l’innovation. Découvrez toute l’histoire du métro que nous connaissons aujourd’hui, de sa création à sa mise en service.
Sommaire

La naissance du premier métro automatique

Au début des années 70, la Communauté Urbaine de Lille (CUDL) se voit faire face à deux grands enjeux en termes de transport :
  • fluidifier et harmoniser les transports en commun au niveau des réseaux et des tarifs,
  • relier la ville nouvelle de Villeneuve-d’Ascq à la Gare Lille Flandres.
Ainsi, le premier directeur de l’Établissement Public d’Aménagement de la ville nouvelle de Lille-Est (EPALE), Jean-Claude Ralite, intervient dans le but de convaincre la CUDL de travailler sur un nouveau mode de transport ayant pour ambition d’être plus pertinent que les systèmes déjà existants dans la métropole. L’étude est donc confiée à l’EPALE le 30 juin 1970, soutenue par le président de la CUDL, Arthur Notebart.

Qui a inventé le métro automatique ?

Pour ce grand projet, l’EPALE se rapproche de l’Université des Sciences et Technologies de Lille (USTL) et plus particulièrement du professeur Robert Gabillard. Ce dernier imagine un moyen de transport inédit, de petit gabarit, qui aura la capacité de mettre en œuvre une fréquence très élevée, mais surtout entièrement autonome. Le brevet d’invention du système de conduite automatique intégrale est déposé le 2 juillet 1971 et sonne le commencement des études de prototypes.

La construction et ouverture de la ligne 1 du métro automatique de Lille

C’est en 1973 que deux premiers prototypes sont testés sur une voie de 1,3 kilomètre à Lezennes, sur l’emplacement actuel de la station du Stade Pierre-Mauroy.
De nouveaux tests de prototypes de rame continuent en 1974. À l’issue des essais, le prototype est validé et le VAL (Véhicule Automatique Léger) devient le premier métro automatisé au monde.
Parallèlement à la construction et au montage des premières rames dans les usines de la Compagnie Industrielle de Matériel de Transport (CIMT) à Marly, les premiers chantiers de construction du métro sont aussi lancés entre le garage-atelier à Villeneuve-d’Ascq et la Place de la République à Lille.
C’est en 1978 que les travaux de gros-œuvre débutent officiellement. En plus du creusement réalisé aux dimensions du tunnel, la construction d’un viaduc est nécessaire pour le passage de la zone aérienne de la ligne. Culminé à plus de 9 mètres et développé sur une longueur de 1 225 mètres, le viaduc est composé de 9 éléments distincts et de piliers de 5 mètres de haut. Le chantier se termine en février 1980 sonnant le début de l’équipement des voies avec le matériel roulant.
En même temps que la réalisation des tunnels et du viaduc, la construction des stations est aussi réalisée.
Le 25 avril 1983 François Mitterrand, président de la République, inaugure la première ligne de métro automatique du monde aux côtés d’Arthur Notebart et de Pierre Mauroy, maire de Lille. A ce moment, la ligne 1 correspond à un tronçon de 9 kilomètres pour 13 stations, de “Quatre Cantons” à “République”. Cinq stations supplémentaires sont mises en service pour une ligne mesurant 13,5 kilomètres en dernier lieu.
 

Complétement de la ligne 1 et création d’une deuxième ligne

Avec le succès de la première ligne de métro automatique du monde, la Communauté Urbaine dessine le tracé définitif de la partie ouest de la ligne 1 bis le 3 février 1984.
Dès avril 1985, les travaux de gros-œuvre de cette nouvelle ligne sont lancés. Cette ligne se terminant à Lomme est opérationnelle fin 1988 et est mise en service le 1er avril 1989. Suite à l’extension de la ligne 1, une réflexion débute pour relier Tourcoing et Roubaix. La CUDL décide de faire passer la ligne 1 bis par Mons-en-Barœul afin d’éviter le Grand-Boulevard et le tramway.
La première étape de cette réflexion est la création de la station “Gare Lille Europe” mise en service en 1994. C’est alors que la ligne 1 bis change de nom pour devenir la ligne 2. La deuxième extension reliant Lille à la station “Fort de Mons” est mise en service dès 1995. En même temps, les travaux de la plus grande partie mesurant près de 13 kilomètres sont entrepris. Six ans plus tard, 16 nouvelles stations ouvrent le 18 août 1999. L’inauguration de la ligne 2 du métro se déroule le 27 octobre 2000 en présence de Lionel Jospin, premier ministre.

Abandon des lignes 3 et 4

Initialement, quatre lignes étaient prévues dans les années 1970. Seulement, lorsque la métropole s’apprête à inaugurer le dernier tronçon, Lille Métropole Communauté Urbaine (anciennement CUDL) indique en 2000 que le coût du métro ne permet pas de nouvelles réalisations. Le coût de la ligne 1 est estimé à 810 millions d’euros et la ligne 2 à près de 2 milliards d’euros. En 2010, le vice-président chargé des transports urbains, Eric Quiquet confirme qu’il n’y aura pas de nouvelles lignes et que la priorité sera donnée au développement du réseau de bus et de tram.

Comment fonctionne le VAL ?

Le VAL, véhicule automatique léger, est un métro automatique léger sur pneumatiques. Contrairement au système d’automatisation de l’exploitation des trains (SAET) où cohabitent des rames non automatiques et des rames automatiques, le système VAL nécessite une exploitation intégrale en rames automatiques.