Le premier tramway électrique et la révolution du rail en ligne droite

Le premier tramway électrique et la révolution du rail en ligne droite
jeudi 23 juin 2022
Pour devenir le tramway que nous connaissons aujourd’hui, le tramway de Lille et de la MEL a dû passer par plusieurs étapes et autre révolution. Le premier tramway électrique est un ancien réseau mis en service en 1874 et 1966 sur Lille et sa banlieue. Ilévia vous parle de la révolution du rail en ligne droite à travers son histoire.
Sommaire

L’Histoire du tramway

Les deux lignes de tramway n’ont pas toujours été celles qu’elles sont aujourd’hui. C’est durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle que différents projets de lignes et réseaux sont élaborés pour aboutir, après moult péripéties, aux deux lignes permettant de relier désormais Lille à Tourcoing et Roubaix.

La création du tramway

Il faudra attendre 1873 pour que l’établissement d’un réseau de 12 lignes de tramway hippomobile, projet porté par l’ingénieur Léon Marsillon, soit autorisé par décret. La construction et la gestion du réseau sont données par la ville de Lille à Simon Philippart, financier belge. En plus des 12 lignes déjà prévues, Simon Philippart a l’obligation de construire une treizième ligne au niveau du pont du Lion d’Or et désignera Léon Marsillon directeur du réseau.
Simon Philippart fondera la compagnie des Tramways du Nord (TN) au début de l’année 1874. Ainsi, la construction des lignes débute. Les deux premières lignes de tramway sont mises en service le 7 juin 1874 : la ligne A qui circule de la gare à la porte de Béthune en passant par la rue Nationale et la ligne B qui circule également de la gare jusqu’à la porte de Béthune, mais cette fois-ci en passant par la rue Notre-Dame.
Petit à petit, les autres lignes sont également mises en service. En 1875, les lignes C et D sont praticables et vont de la gare à la porte d’Arras pour la ligne C et de la gare à la porte des Postes pour la ligne D.
En 1876, les lignes E, F et G sont également mises en service. Toujours depuis la gare pour la ligne E, la ligne s’arrête à la porte de Douai en passant par le Vieux-Lille. La ligne F, quant à elle, réalise le trajet de la Grand-Place jusqu’au point du Lion d’Or. Enfin, la ligne G relie le dépôt de la compagnie de la gare à Fives.
En même temps que la mise en place des lignes de tramway, la compagnie des Tramways du Nord fait face à des difficultés financières qui l’obligent à céder la place à une nouvelle compagnie : la compagnie des Tramways du département du Nord (TDN).

Les lignes suburbaines

Après la mise en service des dernières lignes en 1876, la compagnie des Tramways du département du Nord (TDN) reçoit l’autorisation de construire cinq nouvelles lignes suburbaines. Ces lignes ont pour destination Haubourdin, Hellemmes, Lomme, Roubaix et Tourcoing. Ces lignes seront mises en service en 1879.
La ligne H a pour trajet la gare jusqu’à l’hospice d’Haubourdin en passant par le même itinéraire que la ligne urbaine A, mais aussi les grandes rues de Loos et Haubourdin. La ligne I ira de la gare jusqu’à Canteleu en passant par la porte de Dunkerque. Quant à la ligne J, elle passera de la gare jusqu’au pont de Marcq en passant par la porte de Gand.
Toujours en 1879, la compagnie obtient l’autorisation de fusionner le réseau des lignes suburbaines avec le réseau urbain déjà existant. C’est en 1880 que les lignes suburbaines d’Hellemmes et de Roubaix sont mises en circulation et sont réalisées comme des prolongements des lignes urbaines existantes. Ainsi, la ligne F est prolongée du Pont du Lion d’Or pour aller vers la Grand Place de Roubaix, en traction vapeur. La ligne G est, quant à elle, prolongée du dépôt de Fives jusqu’à la mairie d’Hellemmes.
Pour pallier les coûts économiques de la traction hippomobile, les TDN effectuent à partir de 1876 des essais avec des matériels à traction vapeur. Suite à de nombreux essais en 1879 et 1880, la compagnie prolonge la ligne F au moyen de locomotives à vapeur, qui seront vite remplacées par des locomotives sans foyer du système Francq. Les locomotives Francq vont rester en service jusqu’à l’électrification des lignes de la TDN au début du XXᵉ siècle.

Roubaix et Tourcoing, précurseur dans la mise en place de tramways électriques

L’ingénieur Francq, préconise pour la première fois une autre forme de traction : l’énergie électrique. Cette idée séduit énormément les municipalités de Roubaix et Tourcoing qui se décident à l’adopter en 1888.
Pendant ce temps, à Lille, les trajets sont difficiles : les chevaux sont épuisés à cause du tramway hippomobile, les voitures sont surchargées et lentes, très lentes.
C’est en 1900 que la ville prend la décision d’électrifier totalement son réseau et abandonne les chevaux et la vapeur. Débute alors un chantier de 5 ans. Un an plus tard, la TDN décide de changer de nom pour devenir la TELB (Compagnie des Tramways Électriques de Lille et sa Banlieue).
Pendant que Lille met du temps à passer à l’électrique, Roubaix et Tourcoing de leur côté ont adopté, depuis presque 6 ans, les premiers tramways électriques. 12 voitures pouvant accueillir une trentaine de passagers parcourent deux lignes reliant Roubaix à Wattrelos et Roubaix à Tourcoing. Les derniers chevaux sont vendus et le parc de voitures électriques, en 1896, arrive progressivement à 87 voitures et 47 remorques.

La révolution du Grand Boulevard

C’est au début des années 1900 qu’un visionnaire du nom d’Alfred Mongy rêve d’un grand boulevard qui relierait Lille à Roubaix et Tourcoing par un tracé direct comportant entre autres deux lignes de Tramways électriques. Grâce à son obstination, Mongy à l’aide de nombreux collaborateurs va initier les travaux du Grand boulevard. Un tracé de 3.500 km allant de Lille jusqu’à Marcq-en-Barœul se séparant ensuite en deux branches, une vers Tourcoing de 6.700 km et l’autre vers Roubaix de 4 km. Huit villes sont traversées : Lille, La Madeleine, Marcq-en-Barœul, Wasquehal, Mouvaux, Tourcoing, Croix et Roubaix.
En 1905, il cède sa concession à l’ELRT (Electrique de Lille-Roubaix-Tourcoing), une 3ᵉ compagnie de transport est née, elle s’intercale géographiquement entre la TRT (Transports Roubaix-Tourcoing) et la TELB (Compagnie des Tramways Electriques de Lille et sa Banlieue).
Le 4 décembre 1909, le Grand boulevard est inauguré ainsi que ses tramways flambants neufs dans l’enthousiasme populaire. Le trajet pour faire Lille-Roubaix ne dure plus que 25 minutes au lieu d’une heure. Ces nouveaux tramways rapides et confortables séduisent de plus en plus les habitants qui deviennent de plus nombreux à utiliser ce transport en commun.
En 1914, le conflit des trams est à son apogée, les 3 compagnies se partagent dorénavant le territoire Lille-Roubaix et Tourcoing avec chacune sa propre politique au niveau des horaires, des tarifs et des classes. Mais bientôt, le conflit des trams va laisser à un autre conflit d’une toute autre ampleur … la première guerre mondiale.

Comment fonctionne un tramway électrique ?

Après plusieurs prototypes qui ne répondaient pas aux attentes, un prototype avec deux essieux extrêmes pivotants, guidés par un essieu central, solidaire d’un chariot directeur est réalisé en plusieurs exemplaires. Ce prototype donnera donc naissance à 16 autres voitures en 1932 et qui circuleront essentiellement sur la ligne 1 du tramway.

La fin du réseau de tramway

Le 31 décembre 1955 signe la fin de la concession pour le tramway passée par les TELB en 1926 avec la ville de Lille. La ville récupère tout le matériel roulant, comme convenu dans le contrat. Dans le même temps, les TELB renoncent à l’exploitation du réseau et sont remplacés par sa filiale, la CGIT. Cette dernière reprend l’exploitation du réseau au 1er janvier 1956 qui comprend les 4 lignes d’autobus et les 10 lignes de tramway des TELB. La création d’un syndicat mixte avec les différentes villes de la banlieue de Lille amène à la décision de supprimer le réseau de tramway, ne laissant que les lignes du Grand Boulevard reliant Lille à Roubaix et Tourcoing.

Les projets pour le futur du tramway

En plus des lignes T et R du tram, Lille Métropole a pour projet l’ouverture de cinq nouvelles lignes de tramway à l’horizon 2035. Le tramway de Lille Métropole viendrait s’ajouter au tramway du Grand Boulevard. Il est prévu d’ajouter 28 nouvelles liaisons de transports proposées par le directeur des infrastructures de transports de la MEL.
Ce projet découle de l’abandon du projet des lignes 3 et 4 du métro dans les années 1990 et 2000. Le projet serait de desservir des villes comme Roncq et notamment sa zone commerciale, Neuville-en-Ferrain, Wattrelos, Hem, Seclin, Wattignies ou encore Loos, Haubourdin et Wambrechies.

commentaires

  1. Patrick Pulcian affirme: mars 31, 2015 at 9:26

    Bonjour,

    Peut-être un rectificatif à faire sur la distance ?

    « Un tracé de 3500km allant de Lille jusqu’à Macq-en-Baroeul se séparant ensuite en deux branches, une vers Tourcoing et l’autre vers Roubaix ».

    Cordialement.
    Patick

    • Delphine affirme: mars 31, 2015 at 1:16

      Bonjour Patrick,

      Merci d’avoir remonté l’information, il manquait en effet, une petite virgule !

      A bientôt sur Transpole.

      Cordialement.

  2. Treve affirme: avril 6, 2015 at 6:27

    Bonjour,

    C’est une initiative de Transpole tous ces changements ? Nouveau site, articles, annonces en gare… si oui c’est vraiment super de vouloir humaniser la compagnie ! J’adhère !

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